Suite au conseil municipal du 16 mai 2008, le groupe a envoyé un communiqué de presse à l'ensemble des journaux locaux afin d'expliquer son vote sur l'attribution de la réserve parlementaire.
Communiqué des élus de gauche du Conseil municipal de Chantilly.
1) Nous ne pouvons que désapprouver les propos tenus par Eric Woerth à l'encontre du Conseil Général. Le Maire de Chantilly a critiqué la faiblesse des subventions versées par le Conseil général à la commune de Chantilly et les critères qui servent à leur répartition. On peut s'étonner de ces remarques qui frisent la mauvaise foi quand on sait tous les efforts financiers engagés par la nouvelle majorité départementale en faveur notamment de l'hippodrome, de la nouvelle fondation chargée de la gestion du Château, sans compter les aides substantielles attribuées aux club sportifs de Chantilly.
Quant au mode de répartition des subventions, la nouvelle majorité s'est attachée à appliquer des critères clairs et transparents. Le Maire de Chantilly peut regretter que cela ne se fasse plus en fonction des "amitiés" politiques. Pour nous, il est juste que dans les critères d'attribution, le Conseil général tienne compte de la richesse des communes et du montant des aides exceptionnelles (réserves parlementaires, par exemple) qu'elles reçoivent. En 2008, le montant des réserves parlementaires à recevoir par la commune de Chantilly doit s'élever à plus d'un million d'euros, on peut comprendre alors que d'autres communes moins bien "chanceuses" bénéficient en priorité des aides du Conseil général.
2) Le Maire de Chantilly a préféré s'attaquer personnellement aux élus de l'opposition esquivant ainsi de répondre aux questions qui lui été posées concernant le montant exceptionnel (plus d'un million d'euros) des réserves parlementaires à recevoir par la commune de Chantilly. Nous condamnons cette attitude méprisante qui est indigne d'un élu et d'un serviteur de la République. Eric Woerth est coutumier du fait : quand une question l'embarasse et qu'une réponse sur le fond pourrait lui nuire il préfére s'attaquer personnellement à ses adversaires politiques pour leur faire un procès en légitimité ou pour les accuser de ne pas être de bons serviteurs de leur ville. Il donne ainsi une image pitoyable du débat politique. Nous ne lui suivrons pas dans cette voie.
3) Faut-il féliciter le Maire pour l'obtention d'une réserve parlementaire de plus de 1 million d'euros pour financer les projets d'investissements courants de la ville ? Avant de répondre à cette question, des élus responsables et soucieux de bonne gestion des fonds de l'Etat ont le droit de poser des questions sur l'origine de ses fonds. Malheureusement, le maire n'a pas donné aux élus les réponses claires qu'ils attendaient.
Pouvait-il donner ces réponses alors que le montant de la réserve parlementaire pour un député s'élève en moyenne pour sa circonsription à une somme de 150 000 euros par an ? Le montant à verser en 2008 à la commune de Chantilly représente donc près de 10 ans de réserve parlementaire d'un député !
Nous renouvellons alors nos questions : d'où viennent les 800 000 euros supplémentaires ? Comment les a-t-il obtenus ?
Nous avons aussi le droit dans un esprit de justice de questionner le maire pour savoir si cette somme énorme versée à Chantilly ne se fait pas au détriment d'autres communes de la circonscrition.
Nous ne refusons pas a priori de financer les investissements sur des fonds de la réserve parlementaire mais nous voulons connaitre au préalable l'origine de ce montant exceptionnel, sans commune mesure avec les montants habituels, et nous mettons comme condition préalable que cette somme ne lèse pas d'autres communes qui n'auraient pas la chance d'avoir un maire qui est aussi Ministre du budget.
Face à l'attitude méprisante du maire et son absence de réponses aux questions posées nous ne pouvions pas accepter de voter en l'état l'affectation de ces sommes au financement des investissements pour l'année 2008.
Dominique Louis-Dit-Trieau, Sylvie Mappa, Eric Denis, Christian Gautellier et Brigitte Nicolas.